Geek-island

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dimanche 7 décembre 2008

Pause syndicale

''A l'ensemble de nos éventuels lecteurs fidèles : Comme vous avez pu le constater, le publi-reportage relatant les burlesques aventures de Fiioul le bien nommé connaît actuellement une modeste coupure. Rassurez-vous amis lecteurs (et lectrices) ! Il ne s'agit que d'une interruption provisoire et le fil sera repris dès la semaine prochaine.

A noter par ailleurs, et pour formaliser un fonctionnement déjà établi, si vous souhaitez voir Fiioul, votre héros préféré, apparaître dans certaines situations, n'hésitez pas à nous communiquer vos suggestions. Seule une certaine correction est demandée pour ne pas nuire à l'image très "sélect" de ce blog.

A très bientôt. Kharlos''

lundi 24 novembre 2008

Dans la jungle, terrible jungle...

Bravement, Fiioul et moi nous étions engagés à la fin du jour dans la jungle qui couvrait la presque totalité des hauteurs de l’île. Nous marchâmes seulement quelques heures car le soir tombait vite et l’obscurité était renforcée par l’épaisseur de la végéation. Les arbres n’étaient pas très hauts mais leurs magistrales ramures s’entremêlaient les unes aux autres d’une façon inextricable .

Nous nous arrêtâmes finalement près d’un étang, sous le couvert d’un arbre au tronc énorme. Je pensais d’abord à un baobab mais ma science sylvicole écartait rapidement cette hypothèse ; il n’y avait pas de girafe sur l’île, donc il ne pouvait y avoir de baobabs... CQFD. L’écorce était d’une couleur orangée et son odeur ne m’était pas étrangère. Un cacaotier peut être... Ou du tek...

Je fis alors part de mes suppositions à Fiioul qui avait jeté la tente, celle-ci s’étant déployée dans une magnifique courbe aérienne avant de se poser délicatement sur le sol, telle une feuille morte confortablement et gracieusement offerte par les magasins de sport les plus renommés du pays (1). Je le vis redresser la tête, l’air presque interloqué et je savourais intérieurement son étonnement devant tant de sapience arboricole.
“Mais pas du tout !!!... C’est une carotte ! s’exclama-t’il.
- Une carotte !! De cette taille hurlais-je presque, de surprise.

Mais rapidement mon étonnement retomba et je repis alors d’un air suspicieux...
“Ouais, ouais, ouais... C’est ça ouais... Et à côté c’est un poireau géant ? dis-je en désignant un bosquet tout proche.
- Oh non, ça c’est un topinambour... me répondit-il . Mais je comprends ton incrédulité. Il n’y a que sur Geek-Island que les légumes atteignent cette taille.

Je m’approchais alors de l’arbre et l’examinait de plus près. Il était vrai qu’il présentait une ressemblance certaine avec cet ombellifère charnu si riche en carotène.
“Mais comment serait-ce possible ?
- C’est tout simple. Personne ne mange de légumes ici. Les geeks se nourrissent exclusivement de junk-food que nous importons directement de Ronaldland notamment. Et pour les pingouins, ils ne mangent que du poisson, comme tu ne l’ignores pas...
- Ouais mais quand même...
- Bah, tu sais, voilà des centaines d’années que les légumes vivent en paix ici, à l’abri des chèvres et des lapins, sur un sol volcanique riche en nutriment qui plus est...
- Waouh.........

Après ce succint cours de botanique, nous continuâmes à installer le camp, préparant le feu et la pitance du soir. Devant les flammes crépitantes, Fiioul m’en dit alors un peu plus sur l’objet de notre expédition. La mémoire externe vers laquelle nous nous dirigions était en réalité une abbaye de copistes où était détenue l’ultime connaissance geekienne... L’abbaye Kernel !!! Fiioul lui-même ne savait pas ce qu’il pouvait y avoir là-bas. Nous discutâmes encore un peu avant que le sommeil ne nous pousse à rejoindre la tente.

C’est très tôt que nous nous réveillâmes le lendemain. Il était cinq heures du matin. Par dessus l'étang, soudain j'ai vu passer les pingouins sauvages.... (2)

Après avoir rassemblé nos affaires, Fiioul regarda alors autour de lui avant de choisir sans hésiter quant à la direction à prendre se mettant aussitôt à jouer du coupe-coupe avec habileté.
“Diantre ! Tu me sembles connaître la jungle aussi bien que les réseaux de la ville ! m’écriais-je d’admiration.
- Hein ? Que dalle... Je n’ai jamais mis les pieds ici... Je me contente de suivre le câble, il mène directement au monastère, lâcha-t’il en me désignant un câble identique à ceux qu’on pouvait voir en ville et qui serpentait à travers les arbres (et de façon très très discrète, je tiens à le préciser, auquel cas son existence n’aurait pas pu m’échapper...).

Une nouvelle journée de marche se présentait devant nous.

(1) Désolé, mais la subsistance de ce blog vaut bien de sacrifier un peu à la publicité...
(2) http://www.dailymotion.com/relevance/search/le%2Bchasseur%2Bdelpech/video/x3c2sl_michel-delpech-les-oies-sauvages_fun

dimanche 16 novembre 2008

Reboot (1)

Le chaos régnait dans la ville. J’assistais au désastre, et alors que j’imaginais voir Fiiou se retrousser les manches pour redresser la cité, le voilà qu’il me proposait de quitter les lieux au plus vite ?!?

“Fiioul... Tu veux partir ? Mais.... et la ville ?
- Ne t’en fais pas... Les pingouins se chargeront des réparations d’urgence... Nous... Nous devons reprendre la route pour aller chercher des réponses... me lança-t’il d’un ton martial.
- Des réponses ?
- Oui. Car si je connais les rues de Geek-Ville comme ma poche, je ne sais pas tout. Car les fondations ont été établies par le père du père du père du père du père de mon père.
- Y a si longtemps que ça ???
- En fait non... C’était pour l’image. Même si l’île est occupée au moins depuis l’époque de la copie pirate de cassettes d’Amstrad 464. Mais bref... Toujours est-il que ce qui se passe aujourd’hui est liée à la Grande Epoque de la Fondation.
- Et pourquoi partir alors ? Si tu dois retrouver tes racines ? continuais-je toujours aussi interrogatif.
- Car notre mémoire est externe ! Elle se situe là haut ! me répondit-il en me désignant un pic montagneux qui surgissait de la jungle couvrant les hauteurs volcaniques de l’île.
- Hum... c’est loin non ? m’enquérais-je...
- Oui. Loin et dangereux ! Des kilomètres de jungle hostile à traverser ! ajouta-t’il comme si de rien n’était. T’as intérêt à t’équiper.
- Euh... Je pourrais pas rendre service ici plutôt ? Y a du rangement quand même...
- Tu sais câbler peut-être ? ricana mon guide, à moitié goguenard. Tu seras plus utile en venant avec moi... Et je peux te l’avouer maintenant, continua-t’il en reprenant plus sérieusement, si je t’ai amené ici, c’est ausi pour que le monde entier sache ce qui s’y passe.
- Mais je suis publi-reporter de formation moi ! protestais-je. Pas correspondant de guerre !
- Je sais bien, mais Robert Capa est mort et... t’étais gratuit...

Sur l’instant, je ne sus comment réagir. Et donc en toute logique, je n’eus pas de réaction. Partagé entre colère et déception, mes yeux piquotaient d’émotion et de rage (2). Moi qui croyait avoir gagné la confiance de mon guide, qui croyait avoir fait mes preuves...

- Bien... repris-je froidement...
- Attends, me coupa Fiioul, je sais que je suis un peu dur. Mais j’ai besoin de toi... Nous avons besoin de toi ! dit il en désignant un troupeau de pingouins passant au même moment. Tu n’es peut-être pas le meilleur, mais tu as le coeur pur... (3)

Fiioul était assurèment meilleur en informatique qu’en argumentation, mais il sut malgré tout me convaincre. Ses petits yeux humides (4) eurent raison de moi et je n’avais de toute façon rien d’autre à faire sur le continent. Ma décision était prise.

- C’est d’accord, lui dis-je...

Fiioul me saisit par l’épaule et ensemble nous tournâmes nos regards vers le pic mystérieux qui n’attendait que nous alors que les nuages s’écartaient enfin pour laisser place au soleil tant attendu et que les oiseaux s’envolaient en une nuée céleste vers les hauteurs de la montagne, comme pour nous indiquer la marche à suivre. Je crus un instant que Céline Dion allait surgir de nulle part pour entonner le célèbre hymne de l’île : “Fiioul bless Geek-Island” de sa mélodieuse voix.

Je me tournais alors vers Fiioul et lui dit : - Enlève quand même ta main de mon épaule... Je suis pas tactile.

Quelques heures plus tard, harnachés comme des mûles, nous atteignîmes les derniers faubourgs de la ville et nous nous enfonçâmes dans la jungle geek-islandaise. Ma tunique et mon capuchon verts se fondirent peu à peu dans la verdure des arbres.

.../...

(1) Ou de la juste utilisation du dialogue et de l’émotion dans un feuilleton.
(2) A la manière de Candy mais en plus viril...
(3) Suite à ce mots, je pris enfin la décision d’assumer mon identification totale à Zelda.
(4) Dont le Chat Potté de Shrek n’est d’ailleurs qu’une pâle et éhontée imitation.

lundi 10 novembre 2008

Mobilisation générale

La terre s’était arrêtée de trembler et le data center retrouva peu à peu l’atmosphère feutrée et bourdonnante qui était la sienne. La secousse m’avait jeté au bas de la plate-forme et j’avais eu l’occasion d’observer de plus près ce joli enchevêtrement de câbles qui caractérise l’environnement de l’île. J’essayais de m’extirper de ce fratras mais après plusieurs essais désespérés, je dus me résoudre à attendre l’aide de Fiioul pour retrouver enfin le plancher des pingouins.

“Mais qu’est-ce que c’était ?!?!? demandais-je d’une voix chevrotante. (1)

- C’était............. EUX !!! *Tin-Tin !!!!* (2)

- Eux

- Oui... Ceci est l’oeuvre de nos ennemis. Nous ne savons pas qui ils sont mais cela ne leur suffit plus d’attaquer nos serveurs, ils nous attaquent aussi physiquement... Et là non plus, nous ne savons pas comment ils procèdent pour faire trembler notre île...

- Avec un marteau géant peut-être chuchotais-je.

- Tes lèvres bougent mais je ne comprends pas ce que tu dis.... m’interrogea mon guide d’un air intrigué.

- Non, non, rien... Je réfléchissais tout haut....

Et alors que je cherchais à réorganiser mes pensées qui avaient été aussi secouées que l’avait été le data-center, l’entrepôt perdit de nouveau sa relative sérénité. Le mugissement d’une sirène d’alarme entama son mélodieux chant avant d’emplir l’air de toute sa mélodie tandis que les lumières s’éteignirent, remplacées par la rouge et clignotante lueur de l’éclairage de secours.

Aussitôt l’armada de pingouins qui soignait le serveur convalescent fut pris d’une fièvre que je n’aurais jamais pu imaginer au vu de l’importance de leurs postérieur. Ils sautaient de rack en rack, vérifiant l’état de chaque serveur. Fiioul participaient également à l’inspection, la capuche volant vaillamment à sa suite. Moi, j’attendais circonspect.

Rapidement, la tournée fut achevée et toute l’équipe se regroupa autour de mon guide. L’un des pingouins qui devaient être le chef (car grâce à mon extraordinaire faculté d’analyse, j’avais remarqué qu’il semblait le moins fatigué !), s’avança alors devant Fiioul et lui tint à peu près de langage :

“Couin ! Coooouuuinnn !!! Couin ! Couin ! Couin ! CCCCOOOUUUIIIINNNN !!!!!!

- Nom de Saint Linus Benedict Torvalds ! cria Fiioul en se frappant le front. C’est la capitale qui est touchée !!!

Il se précipita alors à l’extérieur, m’aggrippant au passage et me traînant presque dans son sillage. Nous courûmes comme des dératés dans les ruelles de la ville qui semblaient étrangement calme, jusqu’à atteindre le centre de la capitale.

La scène qui s’offrit alors à nous était surréaliste... Le tremblement de terre avait eu pour effet de sectionner de nombreux réseaux sur lesquels s’affairaient déjà des pingouins-ouvriers. Mais malgré la vigueur avec laquelle ils oeuvraient, la tâche s’annonçait rude et longue et pendant ce temps-là les réseaux secondaires étaient mis à forte contribution. L’essentiel des besoins des geeks était assuré tant bien que mal, mais il était en l’état impossible pour les habitants de vivre une vie normale. La ville était en ruine !

Au milieu de ce chaos, je vis déambuler le petit Kévin en pleurant, une souris débranchée à la main, “Y zont cheatés ! Y zont cheatés !” braillait il. De nombreux habitants erraient eux aussi dans les décombres, à la recherche de leur pingouin dont ils avaient été séparés au moment de la secousse. Qui sait quand ils se retrouveraient ? Et comble de l’épouvante, les no-life avaient quitté leur forêt, les yeux encore plus fousq u’à l’accoutumée et scandant en choeur : “RESEAU ?!? RESEAU ?!?”. Seul le publicitaire ne semblait pas réellement affecté par tout ce tumulute, sirotant son expresso comme à l’habitude. Mais lorsqu’il croisa mon regard, je vis le sien devenir humide... “Va falloir que je me trouve un vrai métier maintenant...” lâcha-t’il...

Cette scène d’apocalyspe me remplit d’effroi et d’incompréhension. Qui pouvait donc en vouloir à ce peuple si pacifique ?... Je n’eus guère le temps d’y réfléchir, car Fiioul me saisit alors par l’épaule. “Prépare-toi ! et vite ! Nous partons dans une session...”

.../...

(1) Le tremblement de ma voix était bien évidemment du au fait d’avoir respirer toute cette poussière soulevée par le tremblement de terre. Le courage d’un reporter n’est en effet jamais à remettre en doute et les data-centers sont des lieux fort mal balayés.

(2) Effet sonore peu parlant à l’écrit mais destiné, en réalité, à l’adaptation cinématographique de ce feuilleton. A noter que cet onomatopée doit normalement s’accompagner d’un plissement énigmatique des yeux de Fiioul...

dimanche 2 novembre 2008

In the center

Alors que j’observais, fasciné, ces innombrables rangées de boîtes métalliques, je me rendis rapidement compte que le vacarme des lieux devenait désagréable, entretenu qu’il était par le vrombissement des machines et le frottement de l’air brassé par les ventilateurs de toutes tailles.

Comme s’il avait lu dans mes pensées, Fiioul me tendit une sorte de paire d’oreilles de Mickey, identiques à celles qu’il venait d’installer sur sa tête. Une fois l’appareillage positionné sur mes propres oreilles, le centre fut d’un coup d’un seul envahi d’un serein silence.

Fiioul me fit alors signe de le suivre et nous nous dirigeâmes vers un individu barbu répondant à tous les critères d’identification d’un geek. A notre arrivée, celui-ci se tourna vers nous et nous salua d’une façon qui avait l’air chaleureuse, bien que je ne pouvais en être sur puisque je n’entendais strictement rien... Mais bizarrement, les deux geeks qui se tenaient devant moi discutaient quant à eux d’une façon animée, aussi naturellement que si leurs casques anti-bruits ne faisaient pas effet...

Mon guide s’adressa à moi mais si ses lèvres bougeaient, aucun son n’était perceptible. Je portais mes mains au niveau de ma tête, haussant en même temps les épaules pour signifier cette surdité imposée. Fiioul avança alors vers moi et souleva une des coquilles qui pressaient mes oreilles. “C’est électronique ! Tu as un microphone et des écouteurs intégrés !” hurla-t’il avant de mettre en route le système.

Comme par enchantement je pus alors entendre toute la conversation. Mais je me demandais presque aussitôt s’il n’aurait pas mieux fallu que je reste sourd. Mon guide procéda à une nouvelle visite guidée, et le débit de sa voix me rappelait le doux rythme des pales des climatiseurs. “Routeur... bla bla.... traitement de données... bla bla bla... switches... bla bla... gaz inerte.. bla bla...”.

J’écoutais poliment le laïus, hochant de temps à autre la tête pour bien montrer que je prêtais attention à ce qui se disait. Je ne l’avouais cependant jamais : je ne comprenais pas un mot sur trois à ce qui était dit... Il me sembla par ailleurs que Fiioul parla à un moment de “racker plusieurs unités de boîtes à pizza”. J’ignorais ce qu’il voulait bien vouloir dire par là, mais je trouvais somme toute étrange que Fiioul puisse penser à manger en ce moment même...

Quoi qu’il en soit, l’endroit était un des centres névralgiques de l’île mais aussi de toutes les communautés geeks éparpillées sur la planète. Et aujourd’hui c’était le coeur même de cette structure qui était menacé. Nous arrivâmes devant un “serveur” isolé du reste des installations par d’épais barreaux en acier trempé. Fiioul me le désigna du doigt. “On ne rentrera pas là. C’est trop dangereux. Ils ont mis le serveur en quarantaine, ce n’est pas une maladie commune... Et ses chances de survie sont faibles...”.

Autour de la machine s’agitaient un grand nombre de pingouins vêtus de blouses blanches, examinant les résultats qui s’affichaient sur les écrans de différents moniteurs. Les volatiles pépiaient à qui mieux ne semblant pas souffrir du bruit. Définitivement, curieux animaux que ceux-là...

“Et vois-tu, continua Fiioul, le problème n’est pas tant de trouver un remède. On trouve toujours un remède. Mais on ne sait pas quand. Et surtout... On ne sait pas qui a pu contaminer cette pauvre machine...” Je sentais que le moment était grave et que le jeune geek-islandais n’allait pas tarder à me révéler quelque chose d’important lorsque tout à coup, sans aucun signe annonciateur, le sol se mit à trembler, si fort que Fiioul et moi nous retrouvâmes à terre.

Un grondement accompagna ces secousses, emplissant l’air de l’entrepôt, mais je pus quand même entendre Fiioul crier... “Ils attaquent ! Ils recommencent !!!”

.../...

dimanche 26 octobre 2008

Retrouvailles

Alors que je sirotais ma boisson sombre et effervescente, profitant tranquillement du soleil geek-islandais, Fiioul apparut et vint s’asseoir à mes côtés, la mine aussi déconfite que s’il avait joué deux jours entiers à Call of Duty sans faire un seul frag, et les épaules plus voûtées qu’à l’accoutumée. Je ne l’avais pas vu depuis quelques jours et je le saluais le plus naturellement possible, ne sachant comment me comporter face à un geek maussade...

Mais je n’eus pas long temps à tergiverser sur la conduite à adopter car le jeune habitant se tourna presque aussitôt vers moi, l’air patibulaire (1) et me lâcha simplement : “La cyber-guerre est déclarée...”

Devant ma mine très certainement plus ahurie que d’habitude, mon guide se leva de sa chaise, presque d’un bond, ce qui me fit renverser ma consommation sur mes habits déjà fort peu frais. “Suis-moi !” me lança-t’il. “Ça ne sert à rien de t’expliquer ici, ça s’rait trop long...” Et après avoir scruté de son regard perçant la foule alentour il rajouta “Et les interfaces ont des oreilles...”.

Tout poisseux de cette mixture étrange typiquement insulaire, j’emboîtais une nouvelle fois le pas de Fiioul. Aussi rapidement que ses amples vêtements et ses lacets défaits le lui permettaient, il s’engagea dans le labyrinthe de rues sans hésiter une seule fois et au bout de quelques temps nous arrivâmes tous deux devant ce qui ressemblait à un énorme entrepôt. Rien ne différenciait ce bâtiment de ceux qui existent sur le continent et que l’on nomme “grande surface”.

Mon guide se dirigea vers un des murs de l’édifice en direction d’une porte invisible pour un oeil non exercé. L’entrée donnait sur une petite pièce où se tenait deux hommes de haute et forte stature, cravatés et vêtus de costumes noirs, ce qui me rappela de peu agréables samedis soirs de ma jeunesse. “C’est OK, il est avec moi” leur lança Fiioul avant de se tourner vers moi “Tu dois te faire scanner, c’est la règle. Je t’attends à l’intérieur”. Puis il présenta son oeil devant un (petit) écran, ce qui eut pour effet de provoquer l’ouverture d’un (petit) pan de mur dans laquelle il s’engouffra.

Un peu inquiet de savoir l’effet que pouvais avoir le fait de se faire scanner par ces deux molosses, je fus cependant heureux de voir qu’il ne s’agissait que d’une nouvelle fouille en bonne et due forme, aussi poussée qu’à mon arrivée sur l’île mais les tests médicaux en moins. Puis l’un des deux gardes numérisa l’une de mes pupilles. “Pour ma collection...” me souffla-t’il avec un sourire plein de dents et un clin d’oeil qui ne me rassurèrent pas plus que ça.

Les formalités accomplies, et soulagé de n’avoir pas souffert je suivais le chemin qu’avait pris Fiioul avant moi et le retrouvait de l’autre côté de la cloison. “Bienvenue dans un des data-center de notre nation...” me dit il d’un ton où pointait une fierté certaine en balayant de la main l’espace qui s’offrait à nous.

Devant nos yeux, et dans nos oreilles également tant le bruit était fort, s’étendaient des mètres et des mètres carrés uniquement remplis de cubes métalliques clignotants et reliés les uns aux autres par ces mêmes kilomètres de câbles qui occupaient les rues de la ville.

Je laissais alors échapper un sifflement entre mes dents et murmurait pour moi-même “OMG ! ça roxxe du poney...” (2)

.../...

(1) ...mais presque... (2) à noter que les tics de langage geek-islandais s’imposent très rapidement dans le discours quotidien et sont plus que difficiles à perdre une fois pris.

jeudi 9 octobre 2008

Prochainement sur Geek-Island

Après le vertigineux succès de la première saison de Geek-Island, « On the Island », et en raison de l'insoutenable suspense qui a clôturé le dernier épisode, nous avons été inondé de messages de lecteurs désespérés réclamant à cors et à cris la suite des aventures de Fiioul.

Malheureusement, influencés par l'exemple subversif des scénaristes hollywoodiens, les auteurs de ce soap ont exigé la renégociation de leur rémunération. Devant leurs exigences éhontées, le conflit s'est longuement enlisé avant que l'administrateur de ce blog dans sa grande bonté ne fasse un pas en leur direction et ne leur accorde un royal droit de sommeil nocturne de quatre heures.

Mais ajoutez à cela l'engouement qui s'est créé autour de la personne de Fiioul (qui existe réellement même s'il souhaite que nous gardons le secret sur sa véritable identité) et des contrats publicitaires qu'il a accumulé (qui ne se souvient pas de cette chaudière à brancher sur un port USB), et voilà la saison 2 horriblement retardée (et oui, un an déjà...).

Heureusement pour nos milliers de lecteurs, le temps est enfin venu pour eux de reprendre le fil du feuilleton de Geek-Island !!!!

.../...

lundi 15 octobre 2007

Réseau urbain

En arrivant à Geekville, je ne savais guère à quoi m’attendre… La capitale de l’île était entourée d’une végétation luxuriante qui s’avançait jusque dans les rues. J’appris au cours de mon séjour en la ville que ce n’était pas tant grâce au climat (qui n’a rien de tropical même s’il est très doux) que les plantes poussaient ainsi… Non, en réalité, il s’avère que le Geek est assez peu friand de légumes, plus par manque de temps que par goût, et qu’ainsi les herbes peuvent joyeusement gambader à travers l’île.

Quoi qu’il en soit, une fois la montagne descendue, nous passâmes enfin devant le panneau annonçant l’entrée de Geekville… Et grande fut ma surprise lorsque je vis inscrit sur l’écriteau… « Etranger, ici on t’chat avant de parler ! ». Et d’un coup je pris conscience que j’étais bien désarmé en ces lieux, dénué de tout outil informatique. Je regrettais alors d’avoir jeté plus tôt dans la journée le jeune avec tout son attirail…

Mais ces pensées s’échappèrent lorsque je posais le pied hors du bus, soulagé de me trouver dans un lieu qui ressemblait à ce que je pouvais connaître sur le continent. Geekville était une capitale assez touristique et après avoir salué ma camarade de voyage, je n’eus aucun mal à trouver un semblant d’office du tourisme où je pus m’équiper en carte et autres bonnes adresses pour me repérer dans cette fourmilière. Car dignes d’une capitale, les rues connaissaient une forte animation. Peu de voitures en ces lieux mais partout une foule compacte qui allait ou venait ou qui restait là, au coin de rue pour discuter. Cette agitation me rassura presque après avoir contemplé l’oppressante tranquillité des No Life.

Mais ce qui m’étonna le plus fut la composition de la population de Geekville. La gente féminine était fort peu représentée… Et ce contrairement à la population pingouine qui comptait de nombreux représentants. Un peu partout on pouvait croiser de nombreux geeks bras dessus-bras dessous avec ces volatiles noirs et blancs à l’air si sympathique (1), sans que personne ne semble surpris par ces couples. Un esprit certain de tolérance semblait régner en ces lieux. Je m’interrogeais malgré tout sur la place que les femmes tenaient au sein de la société Geek Islandaise et je me rendis compte que loin d’être mise à l’écart, elle faisait l’objet de toutes les attentions possibles en raison de leur petit nombre.

En effet, alors que je portais mes pas un peu au hasard, je vis une foule de geeks agglutinés autour d’une demoiselle, tentant de procéder à un échange d’adresse MSN (2). Mais ceci ne semblait pas plaire beaucoup aux pingouins délaissés et s’ensuivit rapidement une prise de becs dans l’assemblée. Je n’eus guère l’occasion de contempler plus longtemps cet éclat car perdu dans mon observation, je bousculais malencontreusement un badaud en qui je reconnus l’homme sandwich déjà rencontré sur l’île. Habillé cette fois-ci en costume cravate, il me héla alors : « Cette ville est trop encombrée ? Alors rejoins moi sur Miniville (3) ! Et on discutera du meilleur moyen de négocier des échanges de clic autour d’un expresso ! ».

Toujours aussi surpris de ce type de publicité sauvage, je continuais ensuite ma découverte de la ville, traversant différents quartiers, m’apercevant que ma carte m’était au final très utile car si aucune autre ville n’était mieux organisée que Geekville, aucun centre n’existait (car qui plus est, la capitale n’est qu’économique) et chaque quartier se découpait de la même façon, encadré par d’énormes tubes où glissaient des kilomètres de câbles. Une pizzeria, une borne WI-FI, une sandwicherie, une borne WI-FI… Heureusement, les chemins étaient correctement indiqués et j’arrivais enfin au bureau de change que je cherchais pour convertir mes euros en monnaie locale, l’octet (1 Go ~ 3,5 € - au cours Hitachi). J’en profitais également pour louer un PC portable, indispensable à ma survie en cette ville, grâce à un ingénieux et novateur système appelé PC Lib’.

Ceci fait je pus alors joindre Fiioul et je l’attendis alors dans un web-bistrot où après avoir commandé une boisson gazeuse à un serveur(en chair et en os celui-là) je le vis arriver avec un air sombre…

…/…

(1) Malgré les fouilles minutieuses effectuées par la douane de Geek Island, j’ai réussi à sauver ce cliché parlant. Mais nul doute que l’implacable censure ne laissera pas longtemps ce cliché au vu et au su de tous… : http://img512.imageshack.us/img512/139/tuxvighd6.png (Tous droits réservés conformément à la législation Geek Islandaise en vigueur).

(2) La technique de l’échange de MSN semble la méthode de séduction la plus couramment employée sur l’île des Geeks.

(3) L’ambassade de Geek Island en France a d’ailleurs succombé à la propagande de l’homme sandwich… http://geek-embassy.miniville.fr/

lundi 8 octobre 2007

Bug in the mountain.

Le bus avait fait étape dans une clairière apparemment aménagée par la main de l’homme. Un peu plus loin, apparaissaient quelques bâtiments qu’aucune vie ne semblait animer. C’était là la communauté des No Life dont avait parlé le chauffeur. Ne sachant pas trop bien de quoi il en retournait, je ne m’éloignais pas trop du bus. Mais le voyage avait été long et nombre de mes compagnons de voyage ressentaient le besoin de se dégourdir les jambes et ils se dirigèrent vers les résidences des No Life…Voyant la perplexité apparaître sur mon visage, une de mes camarades de voyage me dit alors que je ne devais pas m'inquiéter et que les No Life n'avaient de mauvais que leur réputation. Cela avait beau me rassurer, je n'en savais toujours pas plus sur ces êtres qui paraissaient tenir une place à part sur cette île. Je décidais alors de me joindre aux autres voyageurs pour voir cela d’un peu plus près.

Rapidement, je me mêlais aux conversations certes enthousiastes mais presque chuchotées, pour ne pas déranger les No Life qui, bien que pacifiques, pouvaient rentrer dans de très fortes colères dès lors qu’on les perturbait dans leur activité. J’appris également que si ce type de communautés n’existait nulle part ailleurs, l’île en comptait un nombre non négligeable. Là se rassemblaient quelques individus qui n’avaient d’autre souhait que de vivre leur rêve de geeks sans se soucier d’autre chose, se retirant dans les montagnes où aucune autre distraction ne pouvait leur être offerte.

Arrivé devant les bâtiments, forts simples mais recouverts de câbles en tous genres comme les temples incas peuvent l’être de végétation, je ne découvris au final que quelques petites cabanes strictement alignées par rangées et que rien ne distinguait les unes des autres… Aucune vie ne semblait régner là si ce n’était le sourd ronflement des serveurs qu’on ne s’attendait pas à entendre ici…

Mais mon regard fut alors attiré par une véritable armada de camions qui stationnaient un peu plus loin sur la route. Car chose que mon guide Fiioul m’apprit plus tard, les No Life était malgré tout obligés de travailler pour pouvoir faire vivre leurs communautés. Certains travaillaient depuis la montagne, négociant des avatars et joignant ainsi l’utile à l’agréable. D’autres descendaient parfois quelques jours (mais pas trop) en ville pour vendre de petites figurines d’ordinateurs en bois laqué ou pour écouler une boisson gazeuse et noirâtre qu’ils produisaient eux-mêmes. Mais la communauté où nous nous trouvions s’était montrée fort astucieuse. Les No Life ne bougeant quasiment pas de leurs cabanes, ils étaient obligés de se faire livrer tout ce dont ils avaient besoin. Et profitant de cela, ils avaient mis sur pied une efficace société de livraison… Geek Logistic ! Monopolisant le marché de l’île ils profitaient ainsi d’un service qui les nourrissait par la même occasion.

Tournant donc autour d’un camion, je fus soudainement tiré de ma réflexion par quelques cris de surprise en provenance de mon groupe de voyageurs. Me précipitant jusqu’à eux je ne vis d’abord qu’un intense crépitement de flashes. Je me frayais un chemin parmi la foule et je constatais que toute cette agitation était due à un petit être blond aux cheveux mi-longs, ordinateur sous le bras, qui cheminait d’un pas tranquille depuis une des cabanes… Ses yeux de chouette, signe d’un séjour prolongé devant un écran ne pouvaient me tromper… Il s’agissait d’un No Life en sortie !

La confusion la plus totale régnait… Des enfants pleuraient, des femmes s’évanouissaient, des hommes retenaient la foule… Rares étaient les prodiges de ce type et encore plus rares étaient ceux qui pouvaient affirmer en avoir vu un de leurs yeux… Quelques voyageurs plus téméraires que les autres décidèrent alors de le suivre discrètement, à quelques bons mètres, désireux de connaître la raison de cette sortie. Et la curiosité me poussait à me mêler à eux. Nous n’eûmes pas à aller très loin (car le No Life, avare d’exercice physique se fatigue rapidement) et nous le vîmes rejoindre d’autres individus de sa communauté, assis en cercle à même le sol. Et c’est du couvert des arbres que nous pûmes les observer…

Tous avaient les yeux rivés sur leur écran… Et pourtant il semblait que ces êtres communiquaient entre eux, car souvent les éclats de rire ou les grognements fusaient de façon simultanée au sein de cette assemblée.

« Diantre ! Sorcellerie ??? laissais je échapper…

- Non... WIFI… souffla un de mes voisins d’observation sans tourner la tête.

Le moment était intense et je ne sais combien de temps nous sommes restés là avant d’être tiré par les cris lointains du chauffeur de bus qui nous rappelait sans pour autant oser s’approcher car il avait appris l’apparition d’un No Life… Le départ fut rapide et silencieux. Nous remontions dans le bus non sans avoir acheté au préalable quelques babioles au stand de souvenirs. Muni d’un collier en forme de clavier je m’asseyais à ma place, encore tout abasourdi lorsque je croisais le regard de celle qui m’avait rassuré au début de notre étape et qui comme moi avait vu…

« Mais qu’est-ce que… lui demandais-je sans avoir besoin de finir ma phrase.

- C’était une IRL… me lâcha t’elle alors gravement…

Et c’est l’esprit encore tout occupé des mystères que nous avions rencontrés, qu’au détour des derniers contreforts, nous vîmes apparaître les faubourgs de Geekville, la célèbre capitale des Geeks…

…/…

dimanche 7 octobre 2007

Interlude

En raison d'une grève des administrateurs réseau de Geek-Island, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer l'habituel post du dimanche soir... La diffusion devrait reprendre son cours normal dès demain.

L'ensemble de la rédaction vous propose ses plus plates excuses et vous propose un petit interlude :

http://img223.imageshack.us/img223/1580/mirexz5.jpg

dimanche 30 septembre 2007

On the road again… (1)

Ma première nuit sur Geek-Island se passa au final fort bien, même s’il n’avait pas été facile de trouver tout de suite une position confortable car il m’avait fallu m’habituer aux énormes oreilles que me faisait le casque antibruit. Une fois levé et douché, je rejoignais alors les autres nouveaux arrivants pour déjeuner. Là, mis à part la forme étrange des toasts qui représentaient des silhouettes de pingouins, Geek Island paraissait avoir le même régime alimentaire que le continent.

La tranquillité du repas matinal fut cependant dérangée par mon voisin de table qui dévorait littéralement tout ce qu’il pouvait se mettre sous la dent. Mais devant mon regard désapprobateur face à tant de goinfrerie, il s’arrêta soudain et me lança… « Profitez-en, profitez-en. Vous n’aurez plus l’occasion de goûter un tel repas sur toute l’île… J’ignorais sa réflexion (ce que j’eus à regretter plus tard) et me levait alors pour prendre connaissance des résultats des tests médicaux de la veille.

Après une nouvelle file d’attente, je retrouvais le Dr Avast qui après m’avoir salué me présenta les résultats affichés sur un écran d’ordinateur sans dire un mot…

R0 - HKCU\Software\Microsoft\Internet Explorer\Main,Local Page =
O2 - BHO: Adobe PDF Reader Link Helper - {06849E9F-C8D7-4D59-B87D-784B7D6BE0B3} 
C:\Program Files\Adobe\Acrobat 7.0\ActiveX\AcroIEHelper.dll
O2 - BHO: (no name) - {69C64ED2-34A5-4CCD-991F-5E27DBBBCFBD} 
- C:\WINDOWS\system32\pmnlk.dll
O2 - BHO: SSVHelper Class - {761497BB-D6F0-462C-B6EB-D4DAF1D92D43} 
- C:\Program Files\Java\jre1.5.0_10\bin\ssv.dll
O2 - BHO: (no name) - {7E853D72-626A-48EC-A868-BA8D5E23E045} - (no file)
O2 - BHO: Windows Live Sign-in Helper - {9030D464-4C02-4ABF-8ECC-5164760863C6} 
C:\Program Files\Fichiers communs\Microsoft Shared\Windows Live\Login.dll

« Hin.. hin… lâchais-je en hochant la tête de façon à avoir l’air convaincu mais pas assez sans doute car le médecin se rendit vite compte de mon incrédulité…

- Ah ! Suis-che pête ! Fous n’êtes pas médessin ! Fotre santé est ponne… Mis à part quelques failles. Mais fous poufez prendre pied sur l’île.

Rassuré bien que qu’interrogatif sur ce que pouvaient être ces failles, je me dirigeais vers le véhicule qui devait nous conduire à la ville la plus proche… Mais avant de sortir je croisais quelques individus solidement escortés, ceux qui avaient été recalés aux tests... Certains seraient soignés sur place mais d’autres devraient repartir sans jamais pouvoir revenir…

Je prenais place dans le vieux bus qui faisait office de navette m’installant du plus confortablement que je pouvais. Mais je dus me rendre à l’évidence que ce voyage ne serait finalement pas de tout repos lorsque l’adolescent rencontré le jour d’avant vint s’asseoir à côté de moi… avant de malheureusement de me reconnaître… « Lol ! grave ! le noob ! cool ! on va s’fer une lan !!!! » Le voyage commencé, je me retrouvais alors à tenter de faire avancer des bonhommes sur une carte simili 3D en tentant de lancer des éclairs sous les railleries de mon voisin…

Je crus un moment être sauvé par l’intervention d’un des voyageurs qui se leva et nous apostropha tous. Mais je reconnus l’homme sandwich de l’Anse des Pingouins cette fois-ci habillé comme un mage… « Le voyage n’est pas confortable ? Alors rejoignez moi sur WOW (2) et on discutera du meilleur moyen de droper un Drake du Néant autour d’un expresso ! »

Le voyage continua alors dans les mêmes conditions, le jeu m’occupant finalement assez bien puisqu’au dehors, je n’aurais pu contempler qu’une végétation luxuriante qui couvrait les flancs de la montagne que nous franchissions. Et après quelques heures de route, le chauffeur nous annonça que nous allions faire une pause mais que nous ne devions pas nous éloigner du bus car l’arrêt se ferait à proximité d’une communauté de No-Life.

« No-Life ?!? pensais-je tout haut…

- Ptdr !... eut alors juste le temps de jeter mon jeune voisin avant que je ne le jette moi-même pas la fenêtre…

…/…

(1) Car nous étions jeunes et larges d’épaules… …

(2) J’appris plus tard que cette secte étrange, déjà rencontrée sur le continent, comptait un grand nombre de membres et ne cessait de recruter.

dimanche 23 septembre 2007

Quarantaine

Nous attendions donc de nous faire examiner par les médecins de l’île afin qu’ils s’assurent de notre bonne santé… Et dans les files de voyageurs, certains qui étaient déjà venus sur l’île discutaient de tel ou tel médecin plus ou moins regardant… Un des noms qui revenait le plus souvent était celui du Dr Norton. Un anglo-saxon très certainement. Les uns souhaitaient être examinés par lui car il n’était apparemment très zélé ; d’autres au contraire le trouvaient fort maladroit et craignaient d’être par trop fatigués par cette visite.…

Mais alors que je m’apprêtais à entrer dans un des box prévus pour la visite, une troupe de pingouins s’engouffra dans le bungalow dans un boucan effroyable…. « Couin ! Couin ! Couin ! Couin ! (1) s’égosillaient-ils en dandinant un peu partout dans une assez surprenante chorégraphie. A ce vacarme, un grand homme surgit de je ne sais où en hurlant comme un beau diable (avec un accent qui me fit penser qu’il devait être slave…). « Qu’ezze que z’est que ze b***** ! Compien de fois che vais defoir répéter que les pinkouins zont naturellement vaczinés et qu’ils n’ont pas pesoin de fizite médicale !!!! Une fois les volatiles évacués le petit homme se tourna vers moi et me tendit la main… « Ponchour ! Comment fas-tu ?... toriel ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! s’esclaffa t’il dans un grand rire, je suis le Dr Avast.

Une série d’examens me fut alors infligée (et dont je vous épargnerais les détails car je dois avouer que la médecine m’est aussi familière que l’informatique) et le docteur me donna ensuite congé, m’indiquant que je pouvais rejoindre pour la nuit une chambre prévue pour les nouveaux arrivants en attendant le résultat des tests… Fatigué par le voyage, je décidais d’aller me reposer sans tarder et, arrivé devant la porte qui m’avait été attribuée, je sortis le code qui m’avait été donné à mon arrivée, ravi de voir un système qui était le même que ceux utilisés dans mon monde.

Toutefois après avoir déplié la feuille d’un format A4, je dus rapidement déchanter lorsque j’y lus ceci… 1010010100100101001010101001010101010000100111010101 (…(2)) 011100100100100010101010000011101010010101001001010101. Les chiffres étant fort serrés, je dus m’y reprendre à plusieurs fois mais cependant, au quinzième essai, je parvins à ouvrir la porte… …. … … ….

Plongeant sur mon lit, j’allumais de suite la télévision pour me changer un peu les idées. Un casque audio sans fil traînait sur la table de chevet et je me le posais sur la tête histoire de profiter de la technologie qui m’était offerte. Malheureusement, aucun son n’en sortait… Pire encore, j’avais beau zapper, je ne tombais que sur des chaînes qui m’étaient totalement inconnues : gameznflix.com, netgaming.tv, joueurs.tv, nolife-tv.com, gameone.net... Pas un seul match de football ne m’était offert…

Dépité, je décidais alors de dormir, gagnant le sommeil à mesure que les bruits de la journée s'éteignaient peu à peu... Mais au bout d’un moment, au lieu du silence de la nuit, je ne percevais plus qu’un bourdonnement ininterrompu, m’empêchant de fermer l’œil. C’est alors que je compris l’utilité du casque qui était en fait anti-bruit…

Car si en d'autres lieux le soleil ne se couche jamais, sur Geek-Island les serveurs ne s'éteignent jamais…

…/…

(1) A ma grande surprise, le cri des pingouins est assez semblable à celui des canards continentaux…

(2) Par souci de lisibilité et de concision, les 40 lignes intermédiaires ont été supprimées.

dimanche 16 septembre 2007

Arrivée -index.htm-

Notre embarcation amarrée, je posais pour la première fois le pied sur l’île des geeks. Du débarcadère nous pouvions voir les hautes montagnes de l’île qui encerclaient un bleu lagon… Mais je n’eus guère le temps de contempler le paysage qu’un solide gaillard d’allure slave s’approcha de notre groupe et prit la parole, indiquant aux détenteurs d’un passeport geek-islandais qu’ils pouvaient entrer directement sur le territoire mais que les autres étaient priés de le suivre. Je fut alors obliger de me séparer de Fiioul (qui lui était citoyen de l’île) mais mon guide me rassura, m’assurant que ce n’était là que formalités de routine et qu’il me retrouverait bientôt dans la ville où Prokssy (le grand slave) nous conduirait ensuite.

Mais celui-ci nous emmenait dans un premier temps à… l'Anse des Pingouins (et non « Lance des Pingouins ! »(1)), pour s’assurer que nous n’étions pas porteurs de virus, ce qui ressemblait fort à une mise en quarantaine... Là les autorités faisaient entrer les arrivants au compte-gouttes dans un petit bâtiment sans prétention où les médecins devaient nous examiner.

Et alors que nous attendions, un homme habillé tel Martin Landau dans Cosmos 99 (2) distribua des flyers en se faufilant dans la foule et en hurlant à qui n’avait pas le choix de ne pas l’entendre : "Rejoignez-moi sur Ogame et on parlera pillage de ressources de planète autour d'un expresso !". Saisissant un de ces papiers je tentais de comprendre ce que cela pouvait signifier…

« Pardi ! pensais-je tout haut. Qu'est-ce donc ? Un centre d'accueil pour nouvel arrivant ?

- Mé non ! c 1 free MMORPG ! me répondit alors mon voisin qui ne devait pas encore avoir atteint quinze ans…

- Plait-il ? lui répondis-je, ouvrant de grands yeux étonnés…

- Ptdr ! t pige r1 ! t 1 noob ? mdr ! moa j’suis un vrai 633|< !

Je compris qu’il s’agissait d’un individu d’un genre que j’avais déjà croisé lors de mes recherches au cyber-café… Mais si ici je ne savais pas comment les nommer, je me rappelais que sur le continent on les qualifiait subtilement de "petit-c**-qui-mériterait-que-je-le-baffe-bien-maisbon...-le-client-est-roi". Et comme je l’appris plus tard, ces êtres étaient envoyés sur l’île par les différentes ambassades existantes, soit parce qu’ils étaient fort doués (geekement parlant) et que seule leur manquait un peu d’éducation qu’il venait chercher là, soit pour prendre une leçon et apprendre ainsi l’humilité.

Mais je fus soudainement tiré de mes réflexions par un mouvement de foule et je fut bientôt proche de passer devant les médecins de l’île…

…/…

(1)Précision que j’estime utile d’indiquer car le lancer de pingouins est très très très très mal perçu sur Geek-Island…

(2)Au même titre que l'appareil argentique, ce type de référence est incompréhensible pour les jeunes générations, et donc à éviter au risque de passer pour un vieux c**... et encore je ne parle pas des Brigades du Tigre… (cependant pour les archéologues télévisuels : http://www.youtube.com/watch?v=QoPaRephIJk )

dimanche 9 septembre 2007

Unknow Road Line.

Pour atteindre Geek-Island, il nous fallut, comme tant d'autres, nous engager sur de vastes et larges autoroutes au moyen d'engins que Fïïoul appelait bécanes. Bien vite, je dus me rendre compte que ces routes à sens unique, confortables et services clé en main mais où le paysage ne pouvait être véritablement contemplé, étaient petit à petit désertées par un grand nombre d'usagers.

Certains s'engageaient sur des chemins de traverse par simple curiosité, d'autres les rejoignaient, insatisfaits du dépannage qu'on pouvait leur offrir sur ces voies rapides. Finalement nous empruntèrent également une de ces voies, et même si l'île des geeks ne figurait sur aucun des panneaux qui jalonnaient ces routes, Fïïoul m'avait indiqué avant de partir qu'il nous faudrait quitter le flot commun pour y parvenir.

Le jeune chevelu savait quelle voie emprunter, parmi les quelques qui existaient. Rapidement, la circulation se fit moins dense, de simples pistes remplacèrent les routes, et nous pûmes contempler de nombreuses bécanes abandonnées là, le capot ouvert, la mécanique dispersée, sans plus personne autour. Il s'agissait des vestiges de voyages entrepris par d'autres avant nous et dont l'issue avait été fatale. Mais plus nous avancions et plus les carcasses étaient réutilisées pour construire de nouveaux engins lorsque cela était encore possible.

Il était moins difficile pour nous de continuer à suive le chemin tracé par d'autres, mais dans la jungle où nous étions entrés, certains continuaient à tailler des sentiers là où personne n'était jamais allé. Parmi ces groupes, un était plus important que les autres et semblait avoir trouver une piste plus intéressante que les autres car ils ne cessaient de pousser de véritables cris d'enthousiasme. Au détour d'une pause, je m'approchais d'eux pour comprendre... WOW ! WOW ! WOW ! hurlaient-ils en choeur. La curiosité me poussait à m'approcher d'eux mais je me rendis compte que malgré leur nombre, ils tenaient à garder leur découverte à l'abri des regards... " p.o . ", " trader ", " rush ", " so-so " étaient autant de termes codés qu'ils employaient afin de ne pas dévoiler leur étrange secret...

Une fois la route reprise et après encore quelques temps, nous arrivâmes enfin dans un petit port, propriété de la sulfureuse United Sea and Beaches qui servait de vitrine politique aux geeks. Nous attendîmes la nuit pour pouvoir embarquer car malgré les signes d'apaisement de part et d'autre, la cyberguerre froide faisait toujours rage et la prudence était de rigueur. Mais mon travail et ma patience furent enfin récompensés et au petit matin, après une nuit en mer, un frisson me gagna à la vue des côtes déchirées de Geek-Island qui se découpaient sur la mer, au large, dans la brume du petit matin....

.../...

vendredi 31 août 2007

Infiltration…

Geek-Island. Si ce nom est encore peu connu, le chemin qui y mène l’est encore moins. Aucun manuel de voyage n’existe à son sujet et les guides pouvant vous y emmener se comptent sur les touches d’un clavier… Je dus activer tous mes réseaux, rencontrer de louches individus dans des lieux d’Evasion aussi peu recommandables que des cybercafés et ne recevoir bien souvent que des sourires goguenards en réponse à mes questions trop curieuses…

Mais mon travail d’investigation paya finalement et alors que je me trouvais devant un ordinateur public, m’évertuant à faire courir un soldat pour qu’il puisse gagner la guerre en prenant des drapeaux, un individu à l’air patibulaire (mais presque) s’approcha de moi, un soda de couleur noirâtre à la main….

- ‘jour. J’m’appelle Fïïoul(1). Y paraît qu’tu poses pas mal de questions sur l’île des geeks… »

C’est ainsi que je fis la connaissance de mon guide. Peu avenant au premier abord, Fïïoul se révéla cependant un pédagogue de premier ordre. Au fil du temps, il m’initia aux coutumes de base du monde dans lequel il évoluait et je compris rapidement pourquoi mes questions soulevaient indifférence ou moqueries. Mais s’il était fort sympathique, Fïïoul n’était pas idiot pour autant, et son art de monnayer son savoir fit la fortune du pizzaïolo local. Peu à peu, à force de côtoyer ce milieu, mon allure se modifiait… Mes joues se couvrirent de poil, mon ventre subit l’influence des pizzas et du soda que j’engloutissais, et ma démarche se faisait plus traînante depuis que mes lacets n’étaient plus noués.

Et le jour arriva ! Fïïoul s’approcha de moi et me tendit un paquet que j’ouvris, intrigué. A l’intérieur j’y trouvais un de ces pulls à capuche (qu’il est coutume d’appeler sweat) orné de motifs étranges.

- Il est temps que le monde sache qui nous sommes, me dit-il gravement. Et tu es celui qui aura cette lourde tâche à accomplir. » Le jour même nous étions sur la route.

(1) Afin de préserver l’anonymat et la sécurité des intervenants les noms ont été modifiés.

…/…

jeudi 12 juillet 2007

Who's this guy ?

Et bien... bonjour à tous !

Voilà donc mon premier billet. Mon tout premier post sur un blog ! Mais qu'est-ce que je fais ici au fait ?

Pour ceux qui ont connu ces temps lointains et légendaires où les photos ne s'affichaient pas encore directement sur des écrans d'ordinateur après quelques branchements savants, je suis ce qu'on pourrait appeler le négatif de Flyou.

En clair, alors qu'il est capable de configurer un grille-pain sous Linux afin d'avoir de jolis toasts en forme de pingouins tous les matins, je dois avouer avoir lutter pendant plusieurs longues journées (je n'ose dire plusieurs semaines) pour arriver jusqu'à ce maudit panneau d'administration... Alors que Séb "The Moral Caution" Flyou est souvent vu chez nous comme le petit ange que nous avons sur l'épaule, je me situe bien plus souvent sur l'autre... Alors qu'il prédit souvent la fin du monde pour demain, je la situe plutôt autour de lundi prochain...

Voilà donc pour les grandes lignes. Ce à quoi je pourrais également ajouter que je me suis toujours senti une âme d'anthroplogue... D'où ma présence ici. Car quelle meilleure occasion que de me rendre sur l'île des geeks pour observer ces étranges spécimens ?!? Dans leur propre environnement ! Vivant entre eux à l'abri du regard souvent suspicieux des Gens (avec un grand G). Car les interrogations sont nombreuses dans les hautes sphères concernant ces êtres qui vivent, boivent, mangent, dorment même (!), le regard constamment fixé sur un (voire plusieurs) carré lumineux rarement de moins de 19''. Me voilà donc arrivé. Mes premières impressions vous seront livrées sous peu.