In the center
Par Palim le dimanche 2 novembre 2008, 22:39 - On the island... - Lien permanent
Alors que j’observais, fasciné, ces innombrables rangées de boîtes métalliques, je me rendis rapidement compte que le vacarme des lieux devenait désagréable, entretenu qu’il était par le vrombissement des machines et le frottement de l’air brassé par les ventilateurs de toutes tailles.
Comme s’il avait lu dans mes pensées, Fiioul me tendit une sorte de paire d’oreilles de Mickey, identiques à celles qu’il venait d’installer sur sa tête. Une fois l’appareillage positionné sur mes propres oreilles, le centre fut d’un coup d’un seul envahi d’un serein silence.
Fiioul me fit alors signe de le suivre et nous nous dirigeâmes vers un individu barbu répondant à tous les critères d’identification d’un geek. A notre arrivée, celui-ci se tourna vers nous et nous salua d’une façon qui avait l’air chaleureuse, bien que je ne pouvais en être sur puisque je n’entendais strictement rien... Mais bizarrement, les deux geeks qui se tenaient devant moi discutaient quant à eux d’une façon animée, aussi naturellement que si leurs casques anti-bruits ne faisaient pas effet...
Mon guide s’adressa à moi mais si ses lèvres bougeaient, aucun son n’était perceptible. Je portais mes mains au niveau de ma tête, haussant en même temps les épaules pour signifier cette surdité imposée. Fiioul avança alors vers moi et souleva une des coquilles qui pressaient mes oreilles. “C’est électronique ! Tu as un microphone et des écouteurs intégrés !” hurla-t’il avant de mettre en route le système.
Comme par enchantement je pus alors entendre toute la conversation. Mais je me demandais presque aussitôt s’il n’aurait pas mieux fallu que je reste sourd. Mon guide procéda à une nouvelle visite guidée, et le débit de sa voix me rappelait le doux rythme des pales des climatiseurs. “Routeur... bla bla.... traitement de données... bla bla bla... switches... bla bla... gaz inerte.. bla bla...”.
J’écoutais poliment le laïus, hochant de temps à autre la tête pour bien montrer que je prêtais attention à ce qui se disait. Je ne l’avouais cependant jamais : je ne comprenais pas un mot sur trois à ce qui était dit... Il me sembla par ailleurs que Fiioul parla à un moment de “racker plusieurs unités de boîtes à pizza”. J’ignorais ce qu’il voulait bien vouloir dire par là, mais je trouvais somme toute étrange que Fiioul puisse penser à manger en ce moment même...
Quoi qu’il en soit, l’endroit était un des centres névralgiques de l’île mais aussi de toutes les communautés geeks éparpillées sur la planète. Et aujourd’hui c’était le coeur même de cette structure qui était menacé. Nous arrivâmes devant un “serveur” isolé du reste des installations par d’épais barreaux en acier trempé. Fiioul me le désigna du doigt. “On ne rentrera pas là. C’est trop dangereux. Ils ont mis le serveur en quarantaine, ce n’est pas une maladie commune... Et ses chances de survie sont faibles...”.
Autour de la machine s’agitaient un grand nombre de pingouins vêtus de blouses blanches, examinant les résultats qui s’affichaient sur les écrans de différents moniteurs. Les volatiles pépiaient à qui mieux ne semblant pas souffrir du bruit. Définitivement, curieux animaux que ceux-là...
“Et vois-tu, continua Fiioul, le problème n’est pas tant de trouver un remède. On trouve toujours un remède. Mais on ne sait pas quand. Et surtout... On ne sait pas qui a pu contaminer cette pauvre machine...” Je sentais que le moment était grave et que le jeune geek-islandais n’allait pas tarder à me révéler quelque chose d’important lorsque tout à coup, sans aucun signe annonciateur, le sol se mit à trembler, si fort que Fiioul et moi nous retrouvâmes à terre.
Un grondement accompagna ces secousses, emplissant l’air de l’entrepôt, mais je pus quand même entendre Fiioul crier... “Ils attaquent ! Ils recommencent !!!”
.../...
Commentaires
Quel suspense !